Sorti ce mercredi 29 avril dans les salles belges, Romería est le nouveau long métrage très attendu de la réalisatrice espagnole Carla Simón, déjà acclamée pour ses films intimes et sensibles. Présenté en compétition au Festival de Cannes 2025, ce drame autobiographique confirme son talent pour raconter l’enfance, les racines… et les blessures invisibles.
Une quête intime au cœur de la Galice
À 18 ans, Marina n’a jamais vraiment connu ses parents. Orpheline depuis l’enfance, elle part sur la côte atlantique espagnole pour obtenir une simple signature administrative… mais surtout pour comprendre d’où elle vient.
Caméra à la main et carnet de souvenirs en tête, elle rencontre une famille paternelle qu’elle ne connaît pas — entre silences, contradictions et révélations troublantes. Très vite, ce voyage devient une véritable enquête émotionnelle, où chaque échange fissure un peu plus l’image qu’elle s’était construite.
Une œuvre entre réalité et fiction
Inspiré de la propre histoire de la réalisatrice, Romería brouille habilement les frontières entre documentaire intime et fiction. Le film s’appuie notamment sur le journal de la mère de Marina, qui sert de fil conducteur à un récit fragmenté, presque onirique par moments.
Porté par la jeune actrice Llúcia Garcia, véritable révélation, le film impressionne par sa sincérité et sa délicatesse. Il explore des thèmes forts : la transmission, le poids du passé, mais aussi le regard porté sur une génération marquée par les ravages de la drogue et du sida.
Un film sensoriel et profondément humain
Entre paysages marins balayés par le vent et souvenirs recomposés, Romería est une expérience autant visuelle qu’émotionnelle. La mise en scène de Carla Simón capte avec justesse les non-dits familiaux, les regards qui fuient, et les vérités qu’on préfère taire.
C’est aussi un récit d’apprentissage, celui d’une jeune femme qui, en cherchant ses origines, se construit elle-même. Un film touchant et profondément humain, à découvrir sur grand écran pour en saisir toute la beauté.