Asghar Farhadi poursuit son exploration des zones grises de l’âme humaine, en livrant un drame aussi vertigineux qu’introspectif. Présenté en compétition à Cannes 2026, Histoires Parallèles sort en salle le 15 mai, avec des avant-premières prévues dès le 14 mai.
Des Oscars aux Césars : Asghar Farhadi, un réalisateur maintes fois primé
Figure majeure du cinéma contemporain, Asghar Farhadi s’est imposé comme l’un des réalisateurs les plus respectés de sa génération. Récompensé par deux Oscars du meilleur film étranger, le premier en 2012 pour Une Séparation et le second en 2017 pour Le Client, il a également marqué le public français avec Le Passé, couronné à Cannes et nommé aux César.
Avec Histoires Parallèles, présenté en Compétition officielle au Festival de Cannes 2026, le cinéaste poursuit son exploration des tensions morales et des zones d’ombre de l’intime. Nourri par une cinéphilie européenne exigeante, notamment l’œuvre de Krzysztof Kie?lowski, Farhadi signe ici un film qui interroge autant la création artistique que notre rapport au réel.
Un casting francophone d’exception
Pour ce nouveau projet, Farhadi s’entoure de quelques-unes des figures les plus marquantes du cinéma francophone. Isabelle Huppert incarne Sylvie, romancière en quête d’inspiration, aux côtés de Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney et Adam Bessa. Une distribution prestigieuse qui se distingue par la richesse de ses interprétations et la subtilité de son jeu, notamment à travers des personnages aux identités multiples.
Présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026, Histoires Parallèles bénéficie d’une exposition internationale majeure, avec la présence remarquée de l’ensemble de son casting sur la Croisette. Un événement qui souligne l’ambition du film et son statut de rendez-vous incontournable pour les cinéphiles.
Un drame qui brouille les pistes du réel
Le point de départ semble presque anodin : Sylvie, romancière en manque d’inspiration, observe ses voisins depuis son appartement parisien. Une posture de voyeurisme qui n’est pas sans rappeler certains grands récits européens. Mais très vite, l’histoire dévie. L’arrivée d’Adam, jeune assistant énigmatique, agit comme un catalyseur : les lignes narratives s’entrelacent, et la fiction imaginée par Sylvie commence à contaminer le réel.
Au cœur du récit, les voisins espionnés sont des bruiteurs : un choix loin d’être anodin. Le réalisateur interroge ici la fabrication du réel au cinéma, rappelant que même les sons les plus « naturels » sont souvent artificiels. Une réflexion fascinante qui irrigue tout le film, jusque dans ses silences, chargés de tension et de non-dits.
La mise en scène distingue subtilement les différents niveaux de réalité, sans jamais les opposer frontalement. Résultat : le spectateur se retrouve pris dans un labyrinthe narratif où chaque certitude vacille.